Le bout de fil quelconque

Que peut-on attendre d’un bout de fil quelconque tendu dans un grenier ?

Le bout de fil

Autrefois, les anciens qui écoutaient la TSF (téléphonie ou télégraphie sans fil) sur grande ondes (GO) déroulaient un fil le plus long possible et l’accrochait le plus haut possible. Pendant longtemps, c’est à dire jusque dans les années 1970, les radioamateurs on fait de même pour trafiquer sur ondes courtes. Comme on n’avait pas de nom pour désigner cette antenne, on l’appelait « antenne long fil », « LW » en code sans trop savoir que ce type d’antenne avait une existence bien définie. Bien sûr, les amateurs éclairés avaient dès le début, c’est à dire dans les années 20, commencé à expérimenter des doublets demi-onde correctement taillés mais il en fallait un sur chaque bande. Pour faire de l’écoute d’un bout à l’autre du spectre ou s’assurer qu’un récepteur fonctionne, le bout de fil peut convenir.

Réalisation

 

La longueur du bout de fil dépendra de la fréquence minimum que l’on souhaitera écouter. Une dizaine de mètres est un bon compromis pour écouter les ondes courtes de 3 à 30MHz et on trouve toujours la place pour le tendre entre deux balcons, entre deux poutres d’un grenier ou, à la rigueur, le long des cloisons du shack, à condition que ce ne soient pas des murs en béton armé. Les résultats, c’est à dire l’amplitude des signaux captés, seront d’autant meilleurs que le fil sera long et bien dégagé. Un long bout de fil de 40m suspendu dans une zone bien dégagée à l’extérieur et bien isolé sera nettement meilleur qu’une dizaine de mètres sous un toit et sa longueur fournira un signal suffisant pour écouter France-Inter (ou tout autre poste GO suffisamment puissant et proche) à l’aide d’un poste à galène (ou à diode au germanium, pour faire moderne), au casque et sans le moindre amplificateur. (Sur la figure ci-dessus une antenne bout de fil a été tendue entre deux mâts M et accrochée à deux drisses D par deux isolateurs i. Une des deux drisses passe sur une poulie P et est tendue par un contrepoids Cp.

Résultats

On peut se demander quel est le comportement d’un doublet demi-onde bien taillé par rapport à un bour de fil. La comparaison décrite ci-dessous a été faite le 08/08/2010 à 0730 TU sur la bande 40m. Le doublet de 2x10m alimenté par un câble coaxial 75 ohms est bien dégagé à 8 m de hauteur et le bout de fil de 12m de longueur est tendu dans des combles, à 1m des tuiles (sèches ce jour-là). Le spectre de la bande 7,0 à 7,1 a été photographié à l’aide d’un analyseur de spectre Tektro 2710. L’échelle horizontale est de 10kHz/div et l’échelle verticale est de 10dB/div avec une référence à -40dBm en haut de l’écran.

La résolution utilisée est de 300Hz. Bien sûr on ne retrouve pas les même crêtes de signaux car les photos ont été prises à quelques minutes d’intervalle. Malgré un balayage relativement lent, l’amplitude des signaux CW est amoindri par rapport à celui des stations SSB dont la bande passante est plus large.

Bout de fil : le niveau du bruit est à -110dBm en moyenne. Le niveau moyen des stations CW (4 divisions en partant de la gauche) est à -100dBm.

 Doublet : le niveau du bruit est monté de 5dB et le niveau des signaux de 10dB environ. Le rapport signal/bruit a été amélioré.

Un autre avantage du doublet, beaucoup plus sélectif que le bout de fil du moins pour la bande 40m, est qu’il atténue tous les signaux hors bande, réduisant ainsi les risques d’intermodulation.

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