Il était une fois la CiBie

Il est intéressant de savoir comment est née la CB.

En 1947 se déroule à Atlantic City aux États-Unis une conférence mondiale pour répartir les fréquences hertziennes entre les différents utilisateurs : services de radiodiffusion, militaires, services médicaux. Seule une bande, le 27 MégaHertz, reste inutilisée à cause de sa propagation trop aléatoire. La conférence décide donc de la concéder à la libre utilisation des citoyens : ce sera la Citizen Band, CB.

La CB n’aurait pas dépassé ce stade du bricolage pour apprenti-sorciers sans l’apparition en 1958 du transistor qui révolutionnera le monde de la radiocommunication en permettant la miniaturisation des postes.

On verra ainsi au milieu des années 60 la mise sur le marché d’appareils utilisables à bord de véhicules et spécialement conçus pour l’usage du 27 MHz.

Après l’impact d’une évolution technique, ce sera un événement politique qui aura des conséquences sur le développement de la CB.

En 1973 éclate la guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes, entraînant une explosion du prix du pétrole.

Afin de faire des économies d’énergie, les autorités Américaines décident de réduire sévèrement les limitations de vitesse : pour déjouer les contrôles de Police et continuer à respecter leurs délais de livraisons les camionneurs s’équipent massivement de postes CB.
Ce phénomène reste cependant typiquement Américain : ils sont déjà plus de 2 millions aux États-Unis quand en France on ne trouve que 6000 cibistes à l’époque.

La CB devient si populaire aux États-Unis que les routiers sont rapidement imités par l’ensemble de la population.

La croissance est spectaculaire, et on comptera en 1976 jusqu’à 30 millions d’utilisateurs, c’est-à-dire plus d’un Américain sur 10.

Avec 500 000 nouvelles licences accordées par mois, la CB devient même pendant quelques années la plus forte consommation d’électronique de tous les temps, loin devant les télévisions couleurs ou les calculatrices de poche.

Bonne joueuse, l’administration américaine encourage d’ailleurs vivement sa diffusion pour améliorer la sécurité sur les routes.

Paradoxalement, c’est son succès qui entraînera son déclin : les utilisateurs deviennent si nombreux que les 40 canaux sont bientôt saturés en permanence.
La fin des années 70 marque donc un net recul du phénomène, poussant les fabricants de CB à chercher de nouveaux marchés Outre-Atlantique.

Le phénomène arrive alors en France avec dix ans de décalage par rapport aux États-Unis ou le phénomène ce répand rapidement.

La CB est devenu un phénomène de mode en France au début des années 80. C’est l’euphorie : des centaines d’associations voient le jour.

Ce seront surtout les routiers en premier, qui s’équiperont de postes pour rompre la monotonie de la route et pour trouvés leurs clients avec les radioguidages.

Partout en France s’ouvrent des magasins spécialisés.

Même les grandes surfaces ce mettent à vendre des cibis, à tel point que l’on trouve des postes à moins de 300 francs de l époque (46 euros)  antenne comprise.

Cinq revues paraissent, tirant chacune à plus de 40 000 exemplaires….Les pouvoirs publics observent cette effervescence d’un mauvais œil et décident en novembre 1980 d’interdire purement et simplement l’importation du matériel CB.

Mais les cibistes ne l’entendent pas de cette oreille et multiplient les manifestations spontanées. Le gouvernement Giscard change de stratégie et annonce une loi pour la fin de l’année. La norme NFC92411est votée mais est complètement inadaptée aux besoins des cibistes : elle ne permet que 22 canaux et 2 watts de puissance alors que la plupart des postes sur le marché font plus de 80 canaux et sont donc déclarés d’office illégaux.

Les associations déposent un recours devant le Conseil d’État : la norme est annulée pour vice de procédure. Retour à la case départ. Des réunions et des négociations ont cependant lieu et débouchent en décembre 1982 sur l’adoption de la norme actuellement en vigueur : 40 canaux en FM, AM et BLU, puissance maximum de 4 watts.

Le déclin de la cibi commence aux milieux des années 90 avec l’arrivée des téléphones mobile.

Répondant parfaitement à des nécessités pratiques mais aussi à des aspirations profondes, et dynamisée par d’incessantes innovations technologiques, nul ne doute que la C.B. a encore tout son avenir devant elle.

De nos jours il y a toujours des mordus de la cibi et le matériel ne cesse d’évoluer.

Sylvain (14ZGC89 du 77)

A propos de Sylvain (14ZGC89 du 77)

Sylvain de Souppes sur Loing. Seine et Marne (77). JN18IE. Pompier et cibiste des années 80. De retour sur la QRG en région sud Paris. Station fixe TX RX kenwood TS 570 DG, récepteur Kenwood R5000, TX RX 2M Kenwood 7730, etc... Antennes, Sirio Master Gain, antenne ITA Intercontinental, une directive Lemm 3 éléments et une antenne Topfkreis (VHF).

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Daniel (14ZGB94 du 31) Auteurs de commentaires récents
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Daniel (14ZGB94 du 31)
Daniel (14ZGB94 du 31)

Bonsoir, très bon article. Merci.