Alternatives au téléphone en cas de crise

Je me fais le relais d’un article très intéressant trouvé sur resilienceurbaine.com, allez jeter un œil sur ce très bon site 🙂

 

Alternatives au téléphone en cas de crise : téléphone satellite, Cibi, Talkies-Walkies, Radio portative

Comment faire pour communiquer pendant une crise lorsque les services de téléphonie modernes ne fonctionnent plus ? Si vous vous trouviez piégé dans un contexte de crise grave comme une catastrophe naturelle de grande ampleur ou face à un événement qui provoque la saturation des réseaux téléphoniques, comment feriez-vous pour joindre vos proches ou appeler des secours ?

Voici un panel des alternatives qui s’offrent à vous pour communiquer dans le cas où votre téléphone viendrait à cesser de fonctionner.

01. Lignes téléphoniques fixes et mobiles : failles et défaillances

01.1 Lignes de téléphonie fixes : les failles de la communication numérique

Les lignes de téléphonie fixes modernes fonctionnent avec des terminaux alimentés par l’électricité et passent désormais de plus en plus souvent par des opérateurs comme SFR, Bouygues, Free ou Orange qui utilisent des transmissions numériques. Contrairement aux bonnes vieilles lignes terrestres qui fonctionnaient indépendamment des lignes électriques et jusqu’à ce que les câbles des lignes téléphoniques s’effondrent physiquement, ces lignes numériques sont totalement dépendantes du réseau de distribution électrique. Je me souviens de l’époque où on pouvait se raccorder directement sur les boitiers de services de ces lignes terrestres, il suffisait d’un combiné doté d’un clavier…

Si vous avez une ligne France Télécom terrestre classique, assurez-vous d’avoir de côté un terminal téléphonique qui ne nécessite pas de courant électrique pour fonctionner (les modèles à cadran ou à touches des années 70-80 se trouvent pour 10-15€ sur le net ou dans des brocantes).

Un objet parfait. Ces vieux téléphones fonctionnent sans avoir besoin du secteur.

Si votre ligne fixe numérique vous est offerte par votre fournisseur d’accès Internet ce n’est pas par hasard : elle ne vaut rien et ne vous apporte aucune garantie.

Concrètement, cela signifie qu’en cas de coupure de courant, vous n’aurez plus de ligne fixe, plus de connexion internet et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, votre portable ne fonctionnera probablement pas non plus.

01.2 La téléphonie mobile : le domino des antennes-relais

Si les relais de communications s’effondrent (catastrophe naturelle, saturation ou panne du réseau, perturbation électromagnétique…) votre smartphone ne vous sera plus d’aucune utilité.

Comme chacun a pu en faire l’expérience au moins une fois, les réseaux mobiles ont la fâcheuse tendance de cesser de fonctionner lors d’événements générant une forte quantité d’appels simultanés (attentats, catastrophes naturelles, jour de l’an…) mais aussi lors d’épisodes climatiques plus ou moins sévères. Pour l’anecdote, la semaine dernière ma communication mobile a été coupée et j’ai perdu le réseau durant plus de 5mn en raison d’une énorme averse parisienne. Je suppose que la couverture nuageuse était particulièrement dense. Cela laisse présager le pire en cas de vrai pépin.

Les pannes ou saturations du réseau cellulaire sont fréquentes.

Les événements extraordinaires de courte durée suffisent à démontrer les limitations des téléphones portables : même si les relais sont toujours actifs, ils ne peuvent encaisser le flux généré par des millions de personnes cherchant à se joindre simultanément. Depuis les attentats du 13 novembre 2015 (Bataclan et alentours), des lignes mobiles prioritaires ont été attribuées au personnel gouvernemental afin que les services puissent se coordonner sans subir les conséquences du flot massif d’appels simultanés.

Mais vous, vous n’avez pas de ligne mobile prioritaire.

Beaucoup font l’erreur naïve de penser que les zones urbaines majeures comme Paris sont à l’abri de ce type de dysfonctionnement durable. Les antennes relais ont besoin d’énergie électrique pour relayer les signaux, une coupure de courant massive provoquerait donc la réduction drastique voire l’arrêt complet des services de téléphonie mobile.

Contrairement aux idées reçues, les antennes relais ne couvrent pas des cellules (=zones) très étendues : les antennes macro-cellulaires (les plus puissantes et imposantes, celles qui sont généralement montées sur les toits des immeubles ou sur les pylônes électriques) ont une couverture d’un diamètre compris entre 500 et 1200 mètres en ville en fonction de la densité des immeubles (comptez 500m à Paris et jusqu’à 2km en rase campagne). Cela signifie qu’une coupure de courant massive, même si elle ne touche qu’une partie des antennes relais, provoquerait l’effondrement de tout ou partie de la grille de couverture du réseau mobile sur une grande ville.

En résumé, la téléphonie mobile n’est tout simplement pas fiable dans les cas de crise, c’est-à-dire quand on en a le plus besoin.

Comprenez bien ce que je veux dire : pour les urgences du quotidien, les portables sont très utiles. Mais en cas de gros pépin votre smartphone risque de vous servir au mieux de lampe-torche, et au pire de cale-porte.

01.3 Applications mobiles pour communiquer sans réseau et antennes relais personnelles

Pour éviter d’en arriver là, il est désormais possible de se procurer des mini-antennes relais personnelles qui pourront s’avérer particulièrement utiles si la couverture réseau venait à s’effondrer pour une raison ou une autre. Le principe est de connecter son smartphone à cette mini-antenne via une appli sécurisée pour communiquer sur un canal dédié et crypté. La faiblesse de ce système est qu’à moins d’avoir de nombreux autres utilisateurs à portée, vous n’arriverez pas à établir de communication. J’essaie actuellement de m’en procurer une paire afin de faire des tests de portée. Je vous ferai un retour sur cette solution dès que j’en saurai plus.

Il existe des applications mobiles comme Firechat et Walkietooth qui permettent à votre smartphone de communiquer sans avoir besoin du réseau. Elles se basent généralement sur les protocoles bluetooth et/ou sur un système de relais : chaque smartphone équipé de l’appli sert de relais aux communications des uns et des autres. Je n’ai pas eu le loisir de les tester outre mesure, mais les tests que j’ai effectués n’ont pas été très concluants. Leur portée est très limitée car elles sont tributaires du nombre d’utilisateurs (=relais) et j’ai dû redémarrer mon portable plusieurs fois à cause de bugs provoqués par ces applis.

Bilan : ces applications et matériels pour communiquer sans réseau mobile sont pour le moment peu fiables et de l’ordre du gadget, ne comptez pas dessus.

Quoi qu’il en soit, ces systèmes secondaires ne seront valable que si vous avez de la batterie et c’est pourquoi je vous renvoie vers le chargeur d’urgence RavPower et le panneau solaire 24W RavPower. Achetez-en un, deux ou dix mais n’hésitez pas, c’est du très bon matériel qui sert toujours. Consultez mon article sur le stockage d’énergie survivaliste pour en savoir plus.

Maintenant, nous allons rentrer dans le dur et voir quelles autres options s’offrent à nous pour communiquer si le réseau téléphonique classique est défaillant.

02. La téléphonie par satellite : une alternative chère et capricieuse

Tous les films d’action dignes de ce nom nous montrent les protagonistes appeler des secours grâce au providentiel téléphone satellite qu’ils ont passé tout le film à chercher. Dans la réalité, la téléphonie par satellite est moins simpliste, moins efficace et surtout beaucoup plus chère que dans les fictions.

L’avantage certain du téléphone satellite est que contrairement à son équivalent mobile terrestre, il ne dépend pas des antennes relais. Les téléphones satellitaires transmettent leurs signaux aux satellites de télécommunication au lieu des antennes-relais terrestres. Le signal est transmis par le réseau de satellites civils qui gravitent autour de la Terre et qui le retransmettent au destinataire en le redirigeant sur les antennes satellites dédiées.

En cas de catastrophe (excluant un bombardement solaire et plus largement tout événement électromagnétique perturbateur d’origine spatiale, qui contrairement à ce que nous pensons perturbent régulièrement nos satellites), le réseau satellitaire est plus fiable que le réseau cellulaire. Sur le papier, c’est donc une excellente solution.

Dans les faits, il y a des côtés négatifs non négligeables à prendre en compte avant de se lancer dans l’achat d’un terminal satellitaire.

  • Les téléphones satellites n’aiment pas les obstacles. Afin d’accrocher le réseau, ils doivent être utilisés dans des zones dégagées et de préférence en dehors des bâtiments. Les montagnes, forêts, couvertures nuageuses denses, structures métalliques et dalles de béton réduisent fortement le signal et peuvent empêcher toute communication. Plus concrètement, un événement de l’ordre de l’éruption du volcan Eyjafjöll en 2010 vous priverait à coup sûr de communications tandis que le réseau cellulaire, lui, pourrait continuer de fonctionner.
  • Leur autonomie est assez réduite. Les terminaux satellites cherchent sans cesse à accrocher le signal et leurs batteries ne font généralement pas long feu.
  • Les terminaux sont chers (entrée de gamme autour de 700€ pour du matériel sérieux) et les tarifs des appels sont prohibitifs, entre 2€ et 15€/minute en fonction des lignes appelées. Il n’y a pas (à ma connaissance) d’abonnement mensuel ni annuel aux services de télécommunications satellitaires. On achète un pack de minutes qui sont débitées lorsque des appels sont passés, comme c’est le cas avec les cartes de communications cellulaires prépayées.

Bilan : si vous avez les moyens de dépenser plusieurs milliers d’euros pour une solution dont l’utilité et la fréquence d’utilisation risque d’être très relative, pourquoi pas. Mais dans le cas inverse, mieux vaut oublier le téléphone satellite pour communiquer en cas de crise.

03. Les talkies-walkies comme alternative à la téléphonie

La téléphonie mobile a révolutionné le monde des télécommunications mais les talkies-walkies restent un outil de communication fiable et efficace dans certaines circonstances. L’avantage principal des talkies-walkies est que leur utilisation est gratuite et libre. On ne vous demandera ni abonnement ni licence pour les utiliser, comme par exemple avec le modèle Motorola T80.

Les talkies-walkies sont des émetteurs-récepteurs radio portatifs qui fonctionnent dans un rayon déterminé et en half-duplex (chacun parle tour à tour, la conversation simultanée n’est pas possible). La désignation « talkie walkie » désigne des émetteurs de faible portée et sans licence d’utilisation qui émettent sur la norme radio PMR446 (pour Personal Mobile Radio 446Mhz). Ces appareils utilisent la bande de fréquence 446Mhz UHF  et ses 8 canaux répartis de 446.00625 à 446.09375Mhz. La législation limite leur puissance rayonnée émise à 500mW maximum, ce qui est faible. A titre de comparaison, un terminal radio amateur aura généralement une puissance de 5W.

Les talkies-walkies émettent un signal qui peut en théorie aller de 1 à 10km suivant les modèles et leur puissance d’émission, mais l’expérience démontre que dans la plupart des cas ces appareils ont une portée maximale de 2 à 3km en terrain ouvert. Ceci est du aux contraintes topographiques et architecturales qui perturbent le signal. A ce sujet, prenez les informations données par les constructeurs de talkies-walkies avec beaucoup de recul. Les performances annoncées sont souvent des portées théoriques basées sur des calculs plus ou moins sérieux ou des données issues de tests effectués dans des conditions idéales.

Contrairement à la téléphonie mobile, les talkies-walkies ne sont pas neutralisés par le nombre d’émissions simultanées et peuvent émettre et recevoir à tout moment qu’il y ait 10 ou 10000 personnes sur la même fréquence. En revanche, avec en moyenne 8 canaux de communication, il se peut que vous ne soyez pas seul sur le canal que vous utilisez et tout le monde peut entendre vos échanges. Seuls les talkies-walkies professionnels disposent de canaux de transmission privés et cryptés. Ces licences payantes sont distribuées par l’ANFR (Agence Nationale des Fréquences).
Les talkies-walkies professionnels sont en réalité des émetteurs/récepteurs radios portatifs (aussi appelés transceivers) et n’ont pas grand chose en commun avec les talkies-walkies PMR446 classiques en dehors de leur format.

Les talkies-walkies PMR446 ne sont pas une solution miracle pour communiquer en cas de crise. Cette technologie est idéale pour communiquer au sol sur des distances courtes (1 à 3km) et dégagées mais se révèle vite peu performante dès lors qu’on évolue en zone urbaine, où leur portée sera très fortement réduite. En revanche, plus l’appareil est utilisé haut plus sa portée est longue, il pourra donc permettre de communiquer sur plusieurs dizaines de kilomètres si l’émetteur et le récepteur sont positionnés suffisamment en altitude.

En résumé, les talkies-walkies classiques PMR446 sont intéressants pour ceux qui veulent communiquer avec des personnes peu éloignées (1 à 3km) dans des zones plutôt planes et rurales mais leur usage devient rapidement très compliqué dès lors qu’on évolue en ville.

04. La radio Cibi (ou CB pour Citizen band)

La Cibi tire son origine de l’abandon de la bande 27Mhz par le gouvernement américain après la seconde guerre mondiale. Trop instable, imprécise et donc peu fiable elle est abandonnée par les militaires et les services de secours qui s’en servaient jusque-là. La bande 27 est alors laissée à la libre utilisation des citoyens américains, qui s’en sont emparé sans se faire prier et l’ont baptisé « Citizen Band » ou « Bande du Citoyen » en bon français.

L’utilisation d’une radio Cibi n’est pas forcément simple et les informations sur leur fonctionnement sont distillées au compte-goutte sur le net (à dessein, je suppose). Il existe des postes Cibi mobiles et fixes qui requièrent chacun des précautions d’usage et des installations différentes. Cette technologie des années 1940 est loin de nos standards plug-and-play modernes et demande donc une certaine patience pour gagner en expertise. Il existe des clubs de « cibistes » qui peuvent vous accompagner dans l’apprentissage si cette solution vous tente.

Pour ma part, je ne suis pas compétent sur cette question même si j’ai quelques connaissances basiques sur le sujet. Etant piégé dans la jungle des barres d’immeubles parisienne, je doute que la Cibi soit une solution adéquate pour mon cas (peu d’utilisateurs, impossibilité de monter une antenne sans me faire toper, interférences en nombre, légion d’obstacles au signal…) et je n’ai donc pas creusé cette possibilité outre mesure.

Les sites dédiés à la Cibi utilisent un lexique technique très spécifique et sont rarement intelligibles pour les profanes, j’ai donc effectué quelques recherches et vous trouverez des informations vulgarisées claires et utiles sur des sites de cibistes chevronnés comme RogerBeep et ce site de routiers qui a dédié un article au sujet.

Conclusion

Il existe des alternatives au téléphone pour communiquer avec ses proches et faire face à une panne du réseau téléphonique fixe ou mobile.

  • Des applications mobiles et des antennes relais personnelles sont en développement et nous permettront peut-être bientôt de communiquer via des réseaux cellulaires secondaires. Elles ne sont, pour le moment, pas très au point et peu efficaces.
  • La téléphonie par satellite est envisageable pour qui en a les moyens si les conditions atmosphériques, météorologiques sont réunies et si la topographie se prête à son utilisation.
  • Les talkies-walkies PMR446 sont aussi une solution, même si ces derniers ne sont efficaces que dans des conditions optimales (terrain dégagé et en plaine) et sur des distances réduites (10km grand maximum, généralement 3 ou 4km).
  • La radio Cibi peut aussi être utilisée pour communiquer ou appeler des secours en cas d’urgence. En revanche, son utilisation présente des complexités techniques importantes et à moins d’avoir des proches prêts à se former sur ce matériel, son utilité risque d’être limitée au contact avec des inconnus.

Mêmes si ces alternatives sont bienvenues, elles ne sont pas pleinement satisfaisante.

Les talkies-walkies professionnels qui sont en réalité des émetteurs-récepteurs radio puissants sont une solution plus fiable et plus efficace.

Quelles que soient les solutions de communication d’urgence que vous choisirez d’utiliser, il faut envisager que vous ne puissiez pas y recourir. Il est absolument nécessaire d’établir un plan à tiroirs pour retrouver vos proches si la situation l’exige.

Les sites dédiés à la Cibi utilisent un lexique technique très spécifique et sont rarement intelligibles pour les profanes, j’ai donc effectué quelques recherches et vous trouverez des informations vulgarisées claires et utiles sur des sites de cibistes chevronnés comme RogerBeep et ce site de routiers qui a dédié un article au sujet.

 

Article du  site   “Résilience  urbaine.com”  relayer  par 14ZGC89

Sylvain (14ZGC89 du 77)

A propos de Sylvain (14ZGC89 du 77)

Sylvain de Souppes sur Loing. Seine et Marne (77). JN18IE. Pompier et cibiste des années 80. De retour sur la QRG en région sud Paris. Station fixe TX RX kenwood TS 570 DG, récepteur Kenwood R5000, TX RX 2M Kenwood 7730, etc... Antennes, Sirio Master Gain, antenne ITA Intercontinental, une directive Lemm 3 éléments et une antenne Topfkreis (VHF).

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Michel (14ZGA89 du 89)
Michel (14ZGA89 du 89)

super article et tu as les bons chiffres de chargeur 62 14ch62 op Michel qth pont sur Yonne on est presque voisin

Christian (14ZGA56 du 86)
Christian (14ZGA56 du 86)

super “sylvain” cet article met en valeur notre cit et notre serieux hiiii3x christian

Eric (14ZGA00 du 13)
Eric (14ZGA00 du 13)

Et oui, le sérieux et la bonne humeur font que l’on est lu par beaucoup. A+

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